Traduit littéralement par « art pauvre », le terme arte povera désigne une catégorie de meubles polychromes produits au XVIIIe siècle, sans rapport avec le mouvement contemporain éponyme.
Face à l’engouement européen pour les laques de Chine et du Japon, Venise imagine une alternative locale aux importations longues et coûteuses. La technique dite « à laque pauvre » voit le jour : elle consiste à coller sur le meuble des gravures découpées, puis à les saturer de vernis pour imiter la peinture en trompe-l’œil. Des ateliers spécialisés, comme la manufacture Remondini à Bassano, éditent alors des papiers très fins conçus spécifiquement pour cet usage.
Librement inspirés de maîtres comme Canaletto ou Guardi, ces décors fantaisistes s’épanouissent sur des grands panneaux comme sur de petits objets de toilette : dames, cavaliers, putti et Chinois évoluent ainsi au cœur de paysages bucoliques ou d’architectures classiques.